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Nous proposons ci-dessous la résolution de l'équation
« maîtresse » (
) dans quelques cas qui nous
intéressent particulièrement : régime conductif de
Rayleigh-Bénard, écoulement de base thermocapillaire, et
perturbations par des ondes de température.
Dans le cas où l'indice ne dépend que de
, et
avec les conditions aux limites énoncées :
Le rayon est donc purement vertical. Ce cas correspond par exemple à
un indice
constant (fluide au repos) ou au régime conductif de
Rayleigh-Bénard. Une dépendance purement verticale de la
température n'a donc pas d'influence sur le faisceau ; ce n'est plus le
cas lorsqu'une dépendance horizontale est présente.
Dans le cas où l'indice dépend de
et
,
mais où cette dépendance est séparable sous la forme d'une somme :
Une telle écriture correspond comme nous allons le voir au cas de
l'écoulement de base thermocapillaire en géométrie rectangulaire
(§
, éq. (
)). Nous résolvons alors
l'équation à l'ordre le plus bas en
:
Etant donnée la forme du profil de température dans l'écoulement
de base en géométrie rectangulaire, on peut écrire :
où
est le gradient horizontal de température
.
La direction ici notée
correspond à la direction notée
pour l'écoulement de base. La dépendance très simple en
de
l'écoulement de base permet d'avoir un résultat indépendant de la
dépendance en
, tout comme dans le cas d'un indice seulement
variable avec
. Cette propriété cesse d'être vraie pour un
écoulement de base perturbé par les ondes hydrothermales, mais nous
négligerons dans ce cas la dépendance en
de
, car celle-ci
n'a qu'une influence réduite sur la déviation du faisceau ; cela est
de plus corroboré par le fait que nous intégrons
sur
l'épaisseur de la couche de fluide.
et
sont proportionnels à
, ce
qui justifie les approximations faites a priori sur l'expression de
. Comme
pour les fluides, on en déduit que l'image sera
uniformément déviée du côté froid (cf.
).
Cette déviation n'aura aucune influence sur nos mesures car elle ne
provoque qu'une translation de l'image.
Dans le cas d'une cellule cylindrique, la translation
se trouve
affectée d'une dépendance en
, tout
comme les profils correspondants de l'écoulement de base
(cf. §
, formules (
)). Nous
supposons cet effet faible ; cela est justifié par l'allure des
profils radiaux de température présentés
en §
. Dans le cas de la cellule
« disque », nous pouvons donc prédire a priori un agrandissement de
l'image lorsque le chauffage a lieu au centre (
, rayons
lumineux défléchis vers l'extérieur), et une réduction de
l'image lorsque le centre est plus froid (
, rayons
défléchis vers le centre).
Notre calcul omet cependant la variation de hauteur induite par les
effets thermocapillaires et exposée en §
(formule (
)). Bien que cette dernière soit
faible, elle est assez importante pour transformer la surface du fluide
en un dioptre convergent si
(épaisseur d'huile plus
petite au centre chaud) ou divergent si
(épaisseur
d'huile plus grande au centre froid). La déviation globale du faisceau
lumineux est alors essentiellement due à cet effet de surface, qui est
de sens contraire à l'effet prédit par le calcul précédent sur
les variations d'indice. Ainsi, les images obtenues pour
sont légèrement dilatées et le plot central apparaît plus
grand ; de même, les images obtenues pour
sont
légèrement contractées et le plot central apparaît plus
petit. Ce phénomène est effectivement observé dans les
expériences comme l'illustrent les clichés de la cellule
« LOTUS » des chapitres
et
.
Notons que par un réglage approprié du dispositif optique
expérimental, il est possible d'atténuer dans certaines limites cet
effet.
Dans le cas où l'indice est modulé par une
perturbation monochromatique dans la direction
(direction
horizontale quelconque, qui ne coïncide plus nécessairement avec
la direction du gradient), nous écrirons :

avec
avec les mêmes conditions aux limites que précédemment ; il vient
alors :
qui est l'équation d'un oscillateur du type pendule pesant (!) où
joue le rôle du temps. Nous intégrons une fois cette équation
et nous en déduisons :
où l'on a utilisé l'hypothèse selon laquelle
et donc
que
et qu'ainsi
(ceci est
l'hypothèse des faibles déviations... dans le cas du pendule
pesant). Les expressions ci-dessus requièrent que le membre de droite
soit positif. Cela peut être interprété comme suit (figure
) :
![$ kx_0 \in [0, \pi/2] $](img511.png) |
 |
 |
et
max. |
(4) |
![$ kx_0 \in [\pi/2, \pi] $](img515.png) |
 |
 |
et
min. |
(3) |
![$ kx_0 \in [-\pi,-\pi/2]$](img517.png) |
 |
 |
et
min. |
(2) |
![$ kx_0 \in [-\pi/2, 0] $](img519.png) |
 |
 |
et
max. |
(1) |
Figure:
Illustration de l'effet lentille sur une période spatiale
pour le cas simple d'une modulation monochromatique de l'indice.
Les zones (1)-(4) se réfèrent aux phases de
évoquées dans le texte. Les rayons lumineux à l'intérieur
du fluide sont des arcs de paraboles.
![\begin{figure}
\begin{center}
\begin{picture}(160,150)(-90,30)
\linethickness...
...ut(-70, 35){\makebox(0,0)[t]{$x_1$}}
\end{picture}
\end{center}
\end{figure}](img521.png) |
on écrira donc suivant les cas :
ce qui, compte tenu de la condition
en
, s'intègre et
donne dans tous les cas :
Les rayons lumineux dans la couche de fluide sont donc des arcs de
parabole. Nous pouvons calculer l'angle d'incidence sur la paroi
inférieure de la cellule et en déduire par la loi de la réfraction
de Descartes l'angle de sortie du rayon lumineux arrivé initialement
en
sur la surface libre :
Comme nous sommes en optique incohérente, nous pouvons écrire
l'intensité lumineuse
reçue sur un écran horizontal
situé à une distance
de la paroi inférieure connaissant
l'intensité du faisceau uniforme incident :
avec :
On en déduit une expression de la distance focale équivalente
(
) au voisinage d'un maximum d'indice (
),
i.e., d'une lentille locale convergente. Une zone de minimum d'indice
(
) se comportera, elle, comme une lentille
locale divergente de focale (
). L'annulation de
(tous les rayons arrivent au foyer image) donne dans les
deux cas :
 |
(2.2) |
Si
, la relation entre
et
est bijective et dans
la limite des déflections faibles, on obtient finalement pour
expression de l'intensité le long de l'écran :
 |
(2.3) |
Les points de suspension représentent les termes suivants du
développement limité en
qui sont en fait les harmoniques
spatiaux ; la présence de ces derniers signale alors une déformation
du signal. Cette déformation peut être intéressante si l'on veut
des images bien contrastées, mais si l'on désire plutôt une
information quantitative, il faut s'arranger pour réduire l'importance
des harmoniques spatiaux, par exemple en se plaçant très en avant
du plan focal (
).
Nous relions enfin la variation d'indice aux
variations de la température, afin de traduire l'influence des ondes
de perturbation de température :
où
est l'amplitude des perturbations de température que l'on
étudie2.4 et
.
Remarque : Ce calcul peut être étendu au cas où
n'est
plus sinusoïdale, mais quelconque : il suffit de décomposer
en série de Fourier. A chaque mode
de la série correspond alors
une distance focale
. En utilisant la passerelle
i
,
nous en déduisons :
Les termes suivants peuvent être obtenus en développant aux ordres
suivant l'intégrande, mais le premier ordre nous suffit car
-- comme dans le cas de la convection de Rayleigh-Bénard -- les
perturbations de température sont (quasi-)sinusoïdales au seuil
de l'instabilité.
Commentaires : La réponse du système ombroscopique est dite
« linéaire » si une perturbation monochromatique du champ de
température (comme cela est le cas au seuil de l'instabilité) est
signalée par une modulation monochromatique de l'intensité sur
l'écran. Ce régime « linéaire » signifie que le montage optique
ne réalise pas de distorsions -- ce qui se traduirait par
l'apparition d'harmoniques -- et que le signal récupéré sur
l'écran est quantitativement relié au champ de température via la
formule (
). Ce régime, que nous recherchons
expérimentalement, nécessite que
, donc que le contraste
ne soit pas trop fort. Notamment, lorsque nous nous éloignerons du
seuil de l'instabilité, il faudra être attentif à l'augmentation
de
, i.e. à la réduction de la distance focale. On peut de
même remarquer que l'amplitude de la modulation de l'intensité
dépend de la distance
, qu'il faudra donc maintenir constante lors
d'une série d'expériences visant à mesurer et comparer des
amplitudes d'ondes.
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Nicolas Garnier - Thèse de doctorat